La loi de guérison

La loi de guérison ou loi de Hering
Par le Dr Pierre Schmidt (1894-1987)
Présenté par le Docteur Robert Séror

Le problème que nous allons aborder aujourd’hui et qui s’appelle la Loi de Hering ou Loi de Guérison, n’est pas pour des débutants, ni pour des homoéopathes complexes, car pour pouvoir être observée, elle exige un sens d’observation aigu et une sagacité dans l’art d’observer les réactions qui suivent l’administration d’une médication homoéopathique.

Ceux qui pratiquent l’homoéopathie hahnemannienne, donnent un seul remède homoéopathique en suivant les canons de la doctrine du Fondateur et les recommandations de Kent, auront par contre très souvent l’occasion d’observer cette loi qui leur accordera un grand avantage sur tous leurs Confrères; celui de pouvoir établir un pronostic, notion si précieuse dans l’Art médical.

En effet, le pronostic est un acte fort utile et important en médecine.

C’est un « essai de physiologie pathologique » (Littré). On devrait d’abord dire prognosie, d’après sa racine grecque. C’est le jugement que l’on porte d’avance sur les changements qui doivent survenir et les différentes péripéties possibles au cours d’une maladie, ainsi que son issue probable.

« Le pronostic est postérieur au diagnostic », nous dit le célèbre Professeur Dulaurens (cité par Granier), « mais il est premier en dignité; car prévoir l’issue de maladie longtemps avant qu’elle advienne, c’est chose totalement admirable et qui approche quasi de la divination ».

Hippocrate, du reste, en a fait le début de ses Écrits ou il consacre deux chapitres importants sur les pronostics et les prédictions en médecine; mais il n’y a pas grand chose à en tirer.

Dans ses Maladies chroniques, Hahnemann est très prudent et circonspect concernant le pronostic et les conseils aux médecins « la réserve, dit-il, est de ne pas donner l’espoir d’une guérison parfaite dans les maladies chroniques ».

Il ajoute plus loin « Il n’y a qu’un charlatan qui puisse promettre à la légère la guérison en quelques semaines d’une maladie chronique invétérée ».

Et que penser alors de cet homoéopathe moderne qui annonce pouvoir guérir un panaris en 2 heures.

Or, cette fameuse loi de Hering a déjà été formulée, quoique encore d’une façon incomplète, par Samuel Hahnemann, où on peut lire dans sa deuxième édition des Maladies chroniques parue en 1846, à propos de la Psore, où il cite surtout l’ordre de disparition des symptômes au cours d’un traitement homoéopathique:

Je cite :

« Dans la thérapeutique méthodique et homoéopathique de la diathèse psorique, on observe, lorsqu’elle, n’a pas été modifiée ou camouflée par des traitements allopathiques, que les derniers symptômes apparus, c’est-à-dire les plus récents, sont aussi les premiers à disparaître, tandis que les symptômes les plus anciens et les plus tenaces, comprenant surtout des affections locales persistantes, ne s’effacent que vers la fin, après disparition seulement des autres manifestations morbides et que tout le reste annonce le retour à la santé ».

Il est fort probable que c’est lui qui a inspiré Hering car ils étaient contemporains.

Hahnemann est déjà plus explicite dans son Organon, qu’il a corrigé jusqu’aux derniers jours de sa vie et qui est certes l’ouvrage sur lequel nous devons nous baser comme priorité à donner à ses conseils, à savoir aux parag. 280 et parag. 281 où il nous parle alors beaucoup plus clairement de pronostic.

Il écrit :
« Ce retour d’anciens symptômes – comme une sorte d’écho – annonce la guérison prochaine … et indique en outre que maintenant le principe vital n’a presque plus besoin du concours et des bons offices de la maladie médicinale semblable pour se dégager de l’emprise de la maladie naturelle. Il ne ressent plus dès lors que l’influence de la maladie médicamenteuse, que l’on a coutume de désigner sous le nom d’aggravation homoéopathique ».

§ 281:
« Cette aggravation homoéopathique – représentée par ce qu’on appelle le retour des anciens symptômes (ou métamorphose rétrograde de J.H. Allen – réd.) c’est-à-dire que des malaises imitant les symptômes originaires de la maladie naturelle – provient réellement de remède administré… »

§ 210 a:
« Combien de fois, par exemple, ne rencontre-t-on pas des malades qui bien qu’en proie depuis plusieurs années à des affections très douloureuses, ont conservé néanmoins une humeur douce et paisible de sorte qu’on se sent pénétré de respect et de compassion pour eux ! Mais, dès que la maladie est vaincue et le malade rétabli – ce qui est souvent possible par la méthode homoéopathique – n’assiste-t-on pas parfois avec étonnement et avec effroi aux changements inopinés du caractère, lorsqu’on voir reparaître l’ingratitude, la dureté de cœur, la méchanceté raffinée, l’humour détestable, les attitudes méprisables et indignes qui étaient l’apanage du sujet avant cette dernière maladie » ?

Tels sont les renseignements dont disposait Kent sur le retour d’anciens symptômes.

Mais avant de vous lire les admirables observations qu’il a faites, je vais vous communiquer ce que Kent ne semblait pas avoir connu et que j’ai eu le privilège de pouvoir découvrir, car je ne l’ai vu cité jusqu’à ce jour par aucun Confrère et dans aucune publication:

La Loi de Hering
C’est tout à fait par hasard que j’ai trouvé cet article de la plume de Hering.

Je traduisais les « Maladies chroniques » de Hahnemann, et pour se faire j’ai consulté tous les ouvrages que j’ai pu trouver en espagnol, en allemand, en italien, en anglais et en français sur les maladies chroniques.

Et je suis tombé sur un article de Hering publié en allemand en 1845 et qui a été ensuite traduit en anglais par Hempel.

Il se trouvait au début du 1er volume des « Maladies chroniques » d’Hahnemann en anglais, 2e éd. p. 1-10.

Hering était un homme qui avait une volonté de fer. Sa vie est très intéressante et je vous dirai un jour quelques mots de sa biographie.

C’était un allemand et il faisait partie, du temps de Wirschow, d’une société de pathologie où vu ses connaissances étendues en pathologie il était très apprécié parmi ses Confrères.

C’était l’époque où le renom d’ Hahnemann se répandait comme tache d’huile, loin à la ronde, vu ses guérisons spectaculaires et les médecins de Leipzig étaient très irrités d’entendre parler d’un Hahnemann dont la réputation devenait grandissante, qui avait le toupet d’employer de petites pilules et de préconiser une méthode soi-disant basée sur une loi.

Aussi un éditeur d’ouvrages médicaux pressa le chirurgien Robbi de grande réputation, de faire une critique approfondie et bien documentée, mais complète et sévère de l’homoéopathie, afin de la ridiculiser comme il convenait, de la classer définitivement dans les thérapeutiques des guérisseurs et de la confondre jusque dans ses derniers retranchements, afin qu’il n’en soit plus question.

Le Docteur Robbi, débordé par sa pratique, déclina cette offre, mais estima que son excellent assistant, alors Hering, était précisément l’homme pour une pareille tâche, vu sa conscience et ses compétences.

Hering, qui était un homme parfaitement honnête, étudia l’homoéopathie pendant plusieurs mois avec le plus grand soin, lisant toute la littérature connue à cette époque; mais plus il l’étudiait, plus il s’y intéressait. Non satisfait ni convaincu de ces lectures il décida de la soumettre au creuset de l’expérience et il essaya des remèdes sur lui-même et sur quelques malades.

Profondément étonné il obtint des résultats excellents. Lorsqu’il revint devant la commission des médecins et du Prof. Robbi qui l’avaient chargé de ce travail pour leur faire son rapport critique, il leur annonça qu’il avait obtenu des résultats extraordinaires, que cette méthode était à l’avant-garde de la médecine et qu’elle promettait une véritable révolution en thérapeutique.

Devant les faits observés et en toute probité scientifique il était même devenu homoéopathe. Instantanément, après une séance mouvementée et orageuse parmi ses collègues, il fut mis définitivement à la porte de la Société pour oser émettre une opinion favorable à la tâche confiée où il devait trouver des arguments patents pour condamner à jamais cette homoéopathie prétentieuse.

C’est ainsi qu’il devint l’un des piliers de l’homoéopathie. C’est lui qui s’est empoisonné avec le dangereux serpent brésilien appelé Lachesis, où il a affreusement souffert au cours de cette expérimentation qui le rendit terriblement malade.

Il a d’ailleurs expérimenté aussi de nombreux autres remèdes et surtout Apis dont il nous a laissé une remarquable monographie. Et les résultats de ces provings ont été si soigneusement éprouvés et relevés qu’après plus d’un siècle et demi ils nous servent encore aujourd’hui dans nos applications thérapeutiques avec une fidélité constante.

Il a créé en Amérique une Société homoéopathique et une Académie homoéopathique, il s’est occupé des maladies mentales et surtout il a publié ses fameux « Guiding Symptoms » (matière médicale) qui représentent un travail considérable, consigné dans dix forts volumes et rédigés d’une façon extrêmement pratique pour le praticien, car chaque symptôme est à la ligne et disposé selon le schéma hahnemannien, c’est-à-dire de la tête aux pieds.

Ceux qui ont la chance de posséder cette collection, l’emploient chaque jour à plusieurs occasions. J’apprends qu’elle va être rééditée en photocopie à un prix à presque 50 % de son prix habituel, aussi je vous engage vivement à vous la procurer; c’est la Matière médicale analytique de chevet pour tout homoéopathe hahnemannien.

Voici donc ce qu’il écrit :
« L’ouvrage de Hahnemann sur les « Maladies chroniques » peut être considéré comme la suite de son « Organon » et les remèdes cités avec leur riche symptomatologie à la suite de ce volume peuvent être regardés comme la continuation de sa « Matière Médicale Pure ».

De même que les règles et les principes de la thérapeutique générale sont développés dans l’Organon, de même Hahnemann expose dans ce traité des Maladies Chroniques les règles et les principes qui doivent inspirer tout médecin dans le traitement des affections chroniques dont le nombre est légion.

Dans la Matière Médicale Pure, Hahnemann nous décrit la symptomatologie de médicaments, obtenus par des expérimentations faites sur des personnes saines et sensibles. Le présent traité par contre, contient des médicaments qu’ Hahnemann employait particulièrement dans les traitements des maladies chroniques.

Granier, avec beaucoup de raison, les appelait pour cette raison homoéo-psoriques et non pas anti-psoriques : ils ne sont pas opposé-contre mais bien semblables et, vu l’indication et la dose donnée, doivent s’appeler « homoéopsoriques ».

Si dans l’Organon, Hahnemann essaie d’établir le fait que le principe « Similis similibus curantur » est la loi suprême de toute vraie thérapeutique et que cette règle doit être absolument respectée dans le traitement de toute affection pathologique, dans son Traité des Maladies chroniques, basé lui-même sur l’Organon il ne modifie rien et n’altère rien de son premier enseignement mais il y démontre que presque toutes les maladies chroniques ont une commune origine et sont reliées les unes aux autres par une catégorie de médicaments spéciaux, désignés sous le nom d’homoéopsoriques, devant être employés dans le traitement de ces maladies.

« La source commune de la plupart des maladies chroniques d’après Hahnemann est la Psore. Les opposants vains et superficiels de l’homoéopathie (et il n’y en a jamais eu d’autres) se précipitent sur la théorie miasmatique de la Psore (on dirait aujourd’hui virale. Trad.) pour l’attaquer de leurs sarcasmes futiles et ridicules. Identifiant la Psore avec la Gale ils prétendirent avec ironie et moquerie que d’après la nouvelle doctrine de Hahnemann la gale correspondrait au péché originel et que cette doctrine ne faisait qu’un avec celle de la foi chrétienne. (Et ici Hempel ajoute en note :

« Aussi bien que pour un vrai chrétien il serait absurde de rejeter la doctrine du péché originel, il est également tout aussi absurde pour celui qui prétend posséder une perception claire de rejeter la doctrine d’un virus pathologique héréditaire dans la genèse des maladies. Les deux doctrines doivent ou vivre ou mourir et comme la vérité est une et indivisible, ces deux doctrines s’illustrent l’une l’autre et par leurs biens communs démontrent l’exactitude de la réalité de leur hypothèse »).

« Avec la même impudence par laquelle autrefois et dans les précédentes occasions ils prétendaient qu’ Hahnemann rejetait toute pathologie dans son Organon, ils affirment maintenant que dans ses Maladies Chroniques il prétend découvrir une hypothèse étio-pathologique nouvelle et disent que ce qui est vrai dans cette hypothèse n’est pas nouveau et que ce qui est nouveau n’est pas vrai!

« Tout jugement équitable ne manquera pas se reconnaître dans ce Traité sur les Maladies Chroniques la même conscience et les mêmes scrupules dans les études et les observations rigoureuses que ce grand auteur de l’ Homoéopathie a montré dans tous ses écrits précédents.

« On ne saurait assez insister sur le fait qu’Hahnemann n’avait d’autre objet ni d’autre but en vue que la guérison de ses malades. Toutes les énergies de cette haute personnalité ne visaient qu’à cette fin. Son but n’était pas et n’a jamais été de renverser la pathologie, quoique la pathologie de son époque n’était que chaos, amalgames et spéculations extravagantes et insensées, chaque système (et ils étaient nombreux !) se faisant vite remplacer par un nouveau qui subissait bien vite ou tout au plus 50 ans après le même sort.

« Hahnemann lutta simplement contre les applications insensées et présomptueuses des hypothèses pathologiques sur le traitement des maladies de son époque, il rejeta et renversa la croyance absurde qui s’était enfoncée comme un clou rouillé dans l’esprit des médecins d’alors, et par eux dans celui de leur clientèle, que les remèdes doivent être donnés d’après un nom, une étiquette morbide, obtenue par le diagnostic, contre une maladie impersonnelle et généralisée, et sur les fausses prétentions que ce nom, représentant la maladie diagnostiquée, pouvait être le moyen indiqué pour la guérison. Jusqu’à ce jour tous les médecins suivent cette même voie et accréditent cette superstition. Tel remède pour tel nom de maladie.

« Quelle est la cause à découvrir qui est à la base de ce désir que tant de patients manifestent de rechercher le remède uniquement d’après l’étiquette morbide, comme si la connaissance de cette dénomination pouvait être suffisante pour l’obtention d’un remède correspondant véritablement à un malade donné. Tant de patients sont inconsolables et mécontents quand leur médecin ne peut établir un diagnostic précis de leurs maux et leur expliquer pourquoi ils souffrent.

Que gagnons-nous en réalité quand nous sommes capables de dire que telle maladie s’appelle « rhumatisme », « dyspepsie » ou « lymphatisme » ?

Tout au plus cela permet-il au malade de pouvoir répéter « l’ipse dixit » de son médecin à savoir qu’il est bilieux, nerveux, congestif : mais ces mots expriment-ils quelque chose de précis et de défini ? Existe-t-il vraiment encore des médecins assez déraisonnables pour croire que de telles explications spéculatives signifient quoi que ce soit de réel, de définitif et de complet ? Est-ce que ceux qui ont les yeux ouverts ne reconnaissent point qu’ils ne sont pas des « ignes fatui », des feux follets brillants ça et là sur des marais dans des systèmes pathologiques périmés ?

« Assurément un médecin moderne qui se perfectionne et se documente tous les jours aurait honte d’assurer à ses patients avec l’attitude d’un grand penseur, en prenant cet air supérieur coutumier à certains docteurs, que « celui-ci souffre de l’épine dorsale », « celui-là de consomption », « ce troisième d’une affection utérine ». N’importe quel étudiant au début de ses études anatomopathologiques sait parfaitement que tout cela n’est au fond que de la poudre aux yeux, ne signifie rien de précis ni de défini, et que ce n’est qu’à des personnes vraiment naïves et ignorantes que de pareilles assertions peuvent être servies comme science.

Tout jeune médecin sait parfaitement que la question consiste à trouver quels sont les symptômes et quelle est la nature de cette maladie de l’épine dorsale, du poumon ou de l’utérus. De plus personne n’ignore qu’une connaissance beaucoup plus approfondie concernant le pronostic et les règles d’hygiène pour le malade est absolument nécessaire à établir et à préciser. Mais il faut aussi reconnaître que de ne pouvoir déterminer seulement que la variété à laquelle le malade appartient n’est nullement suffisant pour le guérir véritablement.

Tous les praticiens célèbres et compétents de la médecine classique, ont constamment au cours de leur carrière modifié et individualisé toujours davantage le traitement qu’ils appliquaient à leurs malades. C’est précisément ce qu’ Hahnemann a tenté d’accomplir toute sa vie avec cette différence essentielle qu’il a cherché à individualiser chaque cas morbide, avec une précision tendant à la minute, ce qu’aucun de ses collègues de la médecine classique n’avait fait jusqu’alors.

Hahnemann a eu suffisamment de courage pour sortir des chemins battus et répondre aux contradictions si flagrantes entre les théories et la pratique de la médecine courante. Il déclara bien vite que les connaissances spéculatives du médecin n’étaient que de la poussière aux yeux que les praticiens avaient l’habitude de jeter à la face des gens dans le but de les aveugler pour tâcher de cacher l’ignorance dans laquelle ils se trouvaient et de faire passer l’insuffisance de leurs connaissances comme quelque chose de respectable. Hahnemann osa affirmer ce postulat :

« En thérapeutique le nom de la maladie, l’étiquette morbide, n’est nullement la chose essentielle à rechercher. Il n’est que secondaire, car ce n’est pas lui qui permettra de déterminer le vrai remède curateur ».

Hahnemann enseigne que le vrai remède doit être sélectionné d’après l’ensemble des symptômes du malade. C’est pourquoi le vrai médecin doit s’enquérir pour se guider, de certitude et de sécurité, et non pas de ce qui est plus ou moins certain et peu sûr, de ce qui change comme les girouettes à la mode.

Aussi bien dans son Organon que dans son Traité des Maladies Chroniques, Hahnemann insiste et soutient que le vrai remède doit toujours être sélectionné d’après la symptomatologie du malade.

Ce n’est pas une petite affaire, ni une chose facile, que de choisir un remède « d’après les symptômes », et cela n’est pas long à observer dès que l’on assiste à la façon dont les étudiants en médecine qui veulent apprendre l’homoéopathie ou les médecins classiques qui s’intéressent à cette méthode, veulent l’étudier. Ils ont les plus grandes difficultés et ne peuvent abandonner l’idée de se baser sur le nom de la maladie, sur le diagnostic pathologique établi. Ils recommandent certains médicaments pour la scarlatine parce que certains autres médecins les ont trouvées utiles, ou tels autres médicaments pour une inflammation pulmonaires parce qu’ils auront réussi dans une autre occasion, alors qu’ Hahnemann enseigne formellement, que si un remède s’est trouvé favorable dans un cas donné précédemment, il n’y a aucune raison pour qu’il soit indiqué dans une maladie similaire chez un autre malade sauf, bien entendu, s’il présente exactement la même symptomatologie dans ses indications.

On ne saura assez le répéter, ce sont les symptômes du malade – oui, du malade – et non pas son étiquette morbide qui doivent fournir l’indication du vrai remède curateur, et cela s’applique exactement dans les maladies chroniques.

Dans la thérapeutique des Maladies Chroniques, Hahnemann a appris par une longue expérience à donner la préférence aux remèdes appelés « homoéo-psoriques ».

Cette préférence n’est nullement théorique, mais constamment subordonnée à la loi du Semblable. Hahnemann n’a jamais dit ni prétendu que les principes constitutifs des roches et des substances minérales comme les métaux, qui sont si répandu dans la nature, constituent les seuls remèdes indispensables pour le traitement des maladies.

Cependant il a insisté et recommandé les oxydes et sels d’ammonium, de potassium, de sodium, de calcium, d’aluminium et de magnésium comme des substances homoéo-psoriques parmi les plus importantes à considérer pour lutter contre le virus psorique.

Hahnemann n’a nulle part affirmé que les métalloïdes les plus connus constituaient les seuls remèdes, ou du moins les plus essentiels dans l’homoéothérapie, quoique ce soit bien à lui que nous devons l’introduction dans notre thérapeutique de Sulphur, Phosphorus, Silica, du Chlore, du Iode pur, et de combinaisons chimiques diverses, comme d’excellents homoéo-psoriques.

Dans toute sélection médicamenteuse pour découvrir le remède curateur, Hahnemann n’a jamais été guidé par des théories spéculatives, mais il s’est constamment basé sur l’expérience aussi bien physio-pathologique que clinique.

Sa sélection du remède curateur répondait toujours aux symptômes correspondants à ceux expérimentés sur des personnes saines et sensibles, en tenant compte en même temps de la vérification par la pratique de leurs vertus médicamenteuses.

C’est la raison pour laquelle les idées générales qu’il développe dans cette monographie ne l’empêchèrent pas d’admettre comme homoéo-psoriques importants Borax, Ammonium carbonicum, Anacardium et Clematis parmi cette classe précieuse de médicaments psoriques.

On peut se demander pourquoi un certain nombre de médecins homoéopathes ne voulurent pas reconnaître la théorie de Psore ni admettre le caractère spécifique des remèdes dite homoéopsoriques.

Pourquoi certains d’entre eux sont-ils allés si loin qu’ils ont repoussé cette théorie, ont-ils dénigré, ridiculisé et méconnu ces remèdes homoéo-psoriques en les considérant comme d’une valeur soi-disant très inférieure et très infidèle par rapport aux autres et plus anciens remèdes homoéopathiques.

C’est pour la même raison que pour le grand novateur de l’astronomie, notre Herschel, tant de personnes, mêmes scientifiques, doutaient de sa foi dans la découverte de sa nouvelle planète; et cependant n’étaient-ils pas tous incapables de vérifier ses affirmations, de critiquer ses connaissances, d’utiliser ses instruments compliqués, dans un domaine où tant de talent, tant de soin, de persévérance et de facultés d’observations et d’autres choses encore sont si nécessaires.

Combien possèdent les qualités nécessaires et l’exigence requise pour de telles recherches parmi ces faux savants, ces praticiens plus ou moins charlatans, ces écrivassiers, imposant leur propre opinion et leur pure imagination, en regard de la valeur d’un pareil savant ?

C’est pour la même raison que la découverte sensationnelle d’ Ehrenberg ne peut être appréciée par ceux qui ne possèdent pas un microscope ou qui en possèdent un trop insuffisant, ou encore qui en ont bien un mais ne savent pas s’en servir convenablement et ne possèdent pas les qualités d’exactitude et de précision dont jouissait Ehrenberg.

Ce naturaliste allemand découvrit dans la poussière calcaire des cartes de visite, des débris de coquillages d’une toute nouvelle espèce de crustacés, en rendant simplement ces cartes transparentes grâce à l’essence de térébenthine!

Enfin pour la même raison, tant de médecins aujourd’hui trouvent plus facile de remplir la littérature médicale de publications nombreuses plutôt que d’apprendre à observer la nature.

Combien il est plus facile d’en imposer aux autres plutôt que de chercher à véritablement guérir son semblable et de dire, du si grand nombre de médecins imbus d’idées chimériques, que les choses qu’ils ne peuvent voir et vérifier avec leurs yeux n’existent pas.

Si de tels praticiens réussissent à obtenir ici et là une guérison, ils ne tardent pas à clamer très vite et très haut leur exploit, alors que leur cure s’était cependant effectuée selon la doctrine d’Hahnemann grâce aux recherches d’autres confrères, ou tout bonnement encore parce qu’ils avaient de la chance.

Mais devant leurs résultats négatifs, ils imputent leur échec à toutes sortes de raisons, sauf, bien entendu, à eux-mêmes. C’est l’homoéopathie qui ne vaut rien, ce sont les règles et les principes qui la régissent qui ne sont ni justes ni exacts, c’est la faute de la Matière Médicale et si quelque chose encore dans la doctrine de Hahnemann ne leur convient pas, très vite ils prétendent qu’on n’a jamais vu ni entendu cela, et que par conséquent cela ne peut ni exister ni être vrai. En parlant ainsi ils s’imaginent réellement avoir trouvé des arguments péremptoires contre la doctrine homoéopathique.

De la même façon qu’ Hahnemann très scrupuleusement distinguait dans les maladies les symptômes relevant d’erreurs diététiques de celles appartenant à des aggravations médicamenteuses; de même il reconnaissait comme maladies fixes et indépendantes celles relevant d’agents infectieux aigus, par exemple le purpura, la rougeole, la scarlatine, la variole, la coqueluche, de celles des agents contagieux vénériens comme la syphilis et la sycose, et nous pourrons par la suite, si l’expérience l’exige, subdiviser la psore en plusieurs espèces et variétés. Cela ne contredit nullement la théorie d’ Hahnemann.

Hahnemann a fait le premier grand pas sans jamais contester la possibilité d’un développement progressif de son système. Mais il importe, s’il y a des améliorations possibles, qu’elles soient utiles, de façon à n’être jamais préjudiciables aux malades. Il convient d’élever la superstructure de l’édifice homoéopathique selon les mêmes données , les mêmes directions et les mêmes principes qu’ Hahnemann a posés comme base de sa doctrine.

Quoique l’opinion des disciples respectifs d’ Hahnemann importe peu, en ce qui concerne la théorie de la Psore, j’estime utile ici d’exposer un bref résumé de mon étude intitulée : « Guide pour le développement futur de l’homoéopathie » dont voici quelques extraits essentiels:

« Il est un certain nombre d’affections aiguës qui se terminent par une affection cutanée dont les éléments s’éclaircissent, se dessèchent, disparaissent, et cela peut s’observer également dans plusieurs affections chroniques.

« Toutes les maladies dans leur évolution vers la guérison, diminuent d’abord d’intensité, puis s’améliorent et se guérissent. L’économie interne s’en débarrasse peu à peu d’une manière centrifuge. Elles se développent et évoluent vers la périphérie pour aboutir au revêtement cutané. D’autre part tout médecin homoéopathe quelque peu observateur et perspicace aura remarqué que l’amélioration de la douleur s’opère de haut en bas, et dans les maladies, de dedans en dehors.

C’est la raison pour laquelle les maladies chroniques, si elles sont guéries totalement, se terminent toujours par quelques éruptions cutanées, variant selon la constitution des différents malades. Cependant cette éruption cutanée peut se produire même quand la guérison radicale n’est pas possible, et même quand le médicament homoéopathique n’a pas été sélectionné correctement. La peau représentant le revêtement le plus externe du corps, c’est lui qui devient le dernier réceptacle, si l’on peut ainsi dire, de toute affection morbide.

Cette éruption cutanée n’est pas seulement le résultat de sécrétions humorales pathologiques dégagées des parties internes de l’organisme sous forme gazeuse, liquide ou solide; c’est la totalité de l’action morbide chassée de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui est caractéristique du résultat d’un traitement complet et vraiment curateur.

Mais l’action morbide interne peut continuer à évoluer dans l’organisme entièrement ou partiellement, malgré l’apparition de cette dermatose. Néanmoins celle-ci constitue un symptôme favorable, elle soulage toujours les souffrances du patient et en général joue un rôle préventif vis-à-vis d’une affection plus dangereuse.

La cure médicale d’une maladie chronique qui envahit la plus grande partie des organes se révèle à l’observation en ce que les organes les plus importants sont les premiers à être soulagés; l’affection disparaît dans l’ordre où les organes ont été atteints, les plus importants s’améliorant les premiers, les moins importants ensuite, et en dernier lieu le revêtement cutané ».

« Un observateur même superficiel ne manquera pas de reconnaître cette loi de direction. On ne se fiera jamais à une amélioration qui se produira dans un ordre différent. Un accès d’hystérie peut p.ex. se terminer par une élimination urinaire; d’autres accès de la même manière, ou bien par une hémorragie. Un accès subséquent démontre combien peu la maladie réelle a été guérie. La maladie peut aussi prendre une direction différente. Elle peut également changer de forme et celle-ci se révéler moins désagréable pour le malade. Mais l’état général de l’organisme souffrira toujours des conséquences de cette transformation.

C’est pourquoi Hahnemann insiste avec tant de rigueur sur la règle importante concernant les symptômes moraux et le plan atteint dans l’adaptation homoéopathique entre remède et maladie, par l’amélioration qui se produit dans l’état psychique et la sensation de bien-être que doit éprouver le patient ».

« La loi de direction dont nous avons parlé plus haut est la cause des nombreuses éruptions cutanées que l’on observe à la suite d’un traitement homoéopathique bien conduit, même à des localisations où on ne les avait jamais remarquées précédemment. Elle la cause également de l’opiniâtreté avec laquelle quantité de dermatoses vésiculaires variées (herpétides) ou ulcéreuses se développent et persistent opiniâtrement à la peau alors que d’autres manifestations semblables disparaissent si rapidement, véritablement comme neige au soleil.

Les lésions externes qui persistent et s’invétèrent le font précisément parce que la maladie interne n’est pas éteinte. Cette loi de direction explique aussi l’absence ou l’insuffisance de transpirations colliquatives quand la maladie interne ne peut ou n’est pas encore disposée à quitter ses derniers retranchements. Elle explique également la substitution de deux affections cutanées, l’une par l’autre.

« La transformation qui s’opère ainsi d’une affection à localisation interne, dans certaines parties de l’organisme qui sont le siège important de fonctions essentielles, vers des affections périphériques et cutanées, diffère absolument des réactions violentes se produisant p. ex. par l’onguent d’ Autenrieth, par l’ammoniaque, l’huile de croton, la cantharide, la moutarde, etc. – s’effectue principalement par l’action des remèdes homoéo-psoriques.

D’autres mesures thérapeutiques peuvent quelquefois effectuer une pareille transformation, même l’hydrothérapie, le changement de climat ou d’occupation, etc., cependant par la médication homoéo-psorique on obtient aussi ce résultat, mais cela d’une façon plus douce, plus complète et surtout sans aucun danger ».

Ces dernières considérations reposent entièrement sur une impression personnelle. D’autres pourront avoir une opinion différente sur ce même sujet. Cependant cela ne doit pas nous écarter du but que tous nous poursuivons en parfaite harmonie.

Malheureusement les règles et les principes que le fondateur expérimenté, qualifié et compétent de l’homoéopathie a légué dans ce Traité des Maladies Chroniques après tant d’années d’efforts, sont loin d’être mis en pratique par tous ceux qui appliquent sa méthode et par conséquent ne peuvent être appréciés à leur valeur réelle. Un certain nombre d’entre eux même s’y oppose.

Des cure qui par ailleurs se faisaient rapidement et avec succès sont maintenant retardées et handicapées par des Esculapes aussi prétentieux qu’incompétents en homoéopathie, à laquelle ils font beaucoup de mal par leur pratique autant que par leurs écrits, car ils mélangent l’ivraie avec le bon grain.

Sur toutes ces questions il faut néanmoins nous consoler, avec l’espoir que dans l’histoire de la science; su jour de la récolte, tous les épis stériles seront rassemblés en gerbes, auxquelles on mettra le feu. Notre devoir à tous consiste d’abord, à posséder à fond l’enseignement théorique et pratique d’ Hahnemann, puis d’essayer de la dépasser encore en allant courageusement de l’avant. C’est précisément notre tâche de chercher à découvrir des vérités non encore révélées et d’abandonner les erreurs du passé. Mais malédiction à ceux qui voudront attaquer personnellement l’auteur de notre doctrine, car ce faisant ils se couvriront d’infamie.

Hahnemann était un grand savant, un chercheur infatigable, un « découvreur ». C’était une personnalité sincère et loyale dans toute l’acception du terme, un esprit avant tout droit, franc et candide comme un enfant, inspiré d’une profonde bienveillance, d’une grande générosité de cœur, animé d’un zèle sacré pour la science.

Quand finalement l’heure fatale sonna pour cette âme supérieure, qui malgré son grand âge avait conservé jusqu’à ses derniers instants un équilibre psychique et une vigueur physique incroyables, alors, le cœur de son épouse, qui avait réussi à rendre les dernières années de sa vie si lumineuses, fut sur le point de se briser. Beaucoup d’entre-nous, assistant à l’agonie d’un être cher, pendant de si graves moments où la vie va s’éteindre, ne s’exclameraient-ils pas comme sa femme Mélanie qui disait :

« Pourquoi dois-tu donc tant souffrir, pourquoi toi, qui a soulagé tant de maux et tant de douleurs, dois-tu souffrir dans tes derniers moments ? Cela est injuste. La Providence aurait dû t’accorder une fin sans souffrances »?

Alors Hahnemann, élevant quelque peu sa faible voix, comme il le faisait souvent lorsqu’il exhortait ses disciples à rester fidèles aux grands principes de l’homoéopathie, répondit :

« Pourquoi serais-je épargné. Chacun de nous ne doit-il pas répondre à la fin de sa vie aux devoirs que la Providence lui a imposés ? Quoique chacun se pare de qualités plus ou moins marquées, personne en réalité n’a aucun mérite qui lui vienne de lui seul. La Providence ne me doit rien, mais moi je lui dois tout : »

C’est avec ces dernières paroles que le « grand » Hahnemann a quitté ce bas-monde, ses amis et ses ennemis. Et c’est ici, lecteur, que je vous quitte aussi que vous soyez ami ou opposant.

A celui qui croit fermement qu’il peut encore y avoir des vérités à découvrir, qu’il aille de l’avant avec foi : il sera conduit vers la lumière.

Celui qui possède une bonne volonté sincère et désire vraiment travailler pour le bénéfice de tous pourra être désigné, tel Hahnemann par la Providence, comme un instrument approprié pour l’accomplissement de sa Divine Volonté, et sera appelé à remplir une mission qui le conduira vers la vérité. C’est véritablement l’esprit de la vérité qui cherche à nous unir tous, mais c’est l’esprit du mal qui nous sépare et nous divise.

Constantin Hering
Philadelphie, ce 22 avril 1845

Je dis bien 1845, donc deux ans après la mort d’Hahnemann.

C’est au génie de Kent que nous devons le privilège d’avoir un chapitre remarquable dans sa Philosophie, exposé dans sa 35 e Conférence sur, l’Observation de l’action médicamenteuse et pronostic, où il nous donne le fruit de sa riche expérience en nous signalant les cinq sortes de réactions qui suivent l’administration d’un médicament homoéopathique à un malade.

En effet, après avoir administré un médicament, on peut faire cinq observations différentes et constater soit

1) L’amélioration des symptômes,

2) L’aggravation des symptômes,

3) La disparition des symptômes,

4) L’ordre dans lequel ils se présentent ou disparaissent,

5) La direction qu’ils prennent dans cette disparition.

Et sa sagacité lui a permis d’observer douze éventualités se présentant après l’administration d’un médicament.

1) L’aggravation prolongée avec déclin final du malade.

2) Longue aggravation suivie d’une lente amélioration.

3) L’aggravation rapide, brève, bien marquée, suivie d’une amélioration prompte et durable de la maladie.

4) La guérison sans aggravation.

5) L’amélioration d’abord suivie de l’aggravation de la maladie.

6) Amélioration de trop courte durée.

7) Amélioration de la maladie pendant 24 heures sans soulagement réel pour le malade – palliation.

8) Le malade expérimente tous les remèdes qu’il prend et fait un proving par hyperergie, c’est-à-dire par hyper-irritabilité et hyper-excitabilité réactionnelles.

9) Action du médicament sur les provers, les expérimentateurs.

10) Apparition de nouveaux symptômes après l’administration du médicament.

11) Retour d’anciens symptômes, c’est le chapitre qui nous intéresse.

12) Mauvaise direction des symptômes.

Au sujet de cette onzième observation sur le retour d’anciens symptômes, Kent énonce cette fois clairement et sans ambiguïté cette fameuse Loi de Hering dans la Philosophie : la Science et l’Art de l’homoéopathie, en ces termes :

« Il est très important de savoir que c’est précisément dans la proportion où les anciens symptômes depuis longtemps disparus réapparaissent, qu’un pronostic de curabilité peut être établi. Ils n’ont cessé d’être visibles que parce que d’autres symptômes se sont manifestés.

C’est un phénomène très courant pour d’anciens symptômes, de survenir après l’aggravation, réalisant la phase essentielle du processus de guérison : la disparition des symptômes dans l’ordre inverse de leur arrivée. Au fur et à mesure que les symptômes présents se dissipent, on voit les vieux symptômes affleurer l’un après l’autre.

Le médecin homoéopathe doit savoir lui-même que le patient maintenant sur la route du rétablissement et il est utile d’annoncer cette bonne nouvelle à son malade en lui disant combien cette réapparition est encourageante, parce que les maladies guérissent selon la loi de Hering, c’est-à-dire : « 

  • « de haut en bas
  • de dedans en dehors et
  • dans l’ordre inverse de leur arrivée ».

« Maintes fois vous verrez les anciens symptômes revenir et disparaître sans qu’aucun changement ait été apporté à la médication. Et bien, cela est excellent et signifie qu’il convient de laisser à l’agent médical sa pleine liberté d’action sans aucune interférence quelle qu’elle soit.

Ce n’est que lorsque les anciens symptômes réapparus persistent, qu’une répétition d remède devient le plus souvent nécessaire.

Évidemment, si vous donnez plusieurs remèdes à un malade, soit ensemble, soit un seul à la fois, mais plusieurs différents dans la même journée ou la même semaine, vous ne pourrez jamais savoir à quel remède donner la paternité de la réaction observée ou même la guérison, si elle a lieu, et il y a peu de chance de pouvoir observer dans ces conditions la Loi de Hering.

Je signale en passant que lors d’une fort intéressante discussion personnelle avec le Dr Carton, il m’a signalé l’avoir observé en tout cas pour le retour d’anciens symptômes au cours de sa thérapeutique naturiste.

C’est certes une satisfaction bien grande et je dirai même raffinée de voir les symptômes disparaître dans l’ordre de cette loi, ce qui coïncide toujours avec une guérison dont le pronostic, grâce à cela, a pu être établi, souvent bien à l’avance. Cependant, n’imaginez pas que vous devez toujours observer les trois directions; le plus souvent c’est l’une seule d’entre elles ou quelquefois deux, mais beaucoup moins souvent les trois à la fois.

Pour illustrer cette Loi, nous allons entendre le récit de cas observés par quelques-uns de mes élèves et leurs exposés auront encore plus de poids que si c’était moi-même qui vous le faisait, car ce sera la meilleure preuve de la valeur de l’enseignement de Kent. Pour ma part, je l’observe constamment, ainsi que tous les grands homoéopathes sur notre globe.

Si vous appliquez donc les principes hahnemanniens dans votre pratique journalière vous en serez largement récompensés, car il vous sera donné d’observer cette Loi précieuse de Hering, qui vous permettra de faire un pronostic juste et d’annoncer une guérison qui vous remplira de satisfaction et assurera votre réputation.

Et Hahnemann d’ajouter cette phrase lapidaire célèbre rapportée en 1813 dans son article sur l’Esprit de la doctrine homoéopathique –

« Voulez-vous obtenir les mêmes succès ? Imitez-moi franchement et loyalement, mais imitez-moi bien, et vous verrez à chaque pas la confirmation de ce que j’avance ».

Dr P. Schmidt

Sources : Cahiers du Groupement Hahnemanniens : Serie 4. No.1, 2, 3
Avec l’autorisation des éditeurs des C. G. H.

Client Webshop Registration >> Here

Partagez cet article

Laisser un commentaire